Pourquoi penser dans une langue étrangère nous est utile?

Pourquoi penser dans une langue étrangère nous est utile?

Penser dans une langue étrangère aurait un impact plus important qu’on ne le pense. Vous avez peut-être l’impression que vos capacités communicatives sont un tant soit peu limitées lorsque vous entamez une conversation avec votre ami John rencontré lors de votre année Erasmus en Angleterre. Vos erreurs grammaticales vous sautent rapidement aux yeux et vous empêchent d’approfondir les sujets un peu plus pointus. Vous pensez peut-être que vos échanges seraient bien plus faciles et intéressants dans votre langue maternelle. Certes, sur ce point vous avez sûrement raison. Pourtant, il semblerait que le fait de pratiquer et de penser régulièrement dans une autre langue présenterait des bénéfices sur le plan cognitif et émotionnel. Lisez donc ce petit article avant de jeter définitivement l’éponge!

Lorsque vous êtes revenu de votre année à l’étranger, vous avez surpris votre entourage demander si à « ça y est, tu penses en anglais maintenant? ». Quel intérêt de s’embêter à penser dans une langue que l’on ne maîtrise pas complètement me direz-vous.
De récentes études scientifiques ont mis en évidence le rôle majeur de la langue dans des domaines tels que la prise de décision ou la régulation émotionnelle. Nous penserions et agirions d’une manière différente lorsque notre réflexion se ferait dans une langue étrangère. Dans une étude menée par l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, des chercheurs en psychologie ont notamment mis en évidence que notre réflexion ferait davantage preuve de logique. Nos réponses seraient en effet moins affectées par nos émotions et nous nous montrerions plus rationnels dans notre prise de décision.

Notre langue maternelle est en effet liée à tout un tas d’émotions vécues qu’elles soient actuelles ou passées. Nous associons inconsciemment depuis notre enfance des mots à des expériences vécues, qui elles mêmes sont liées à des émotions. Par exemple, la « confiture de fraise » pourrait être lié à des émotions positives rappelant les repas en famille du dimanche matin avec vos parents alors que « strawberry jam » aura peut-être une connotation plus neutre. Selon l’auteur de l’étude Albert Costa, une langue étrangère offrirait une plus grande distance cognitive et émotionnelle.

Il semble donc intéressant d’avoir recours dans certaines situations à l’usage d’une autre langue. Car même si nous n’en maîtrisons la syntaxe exacte, cela peut nous aider à y voir plus clair et à prendre la bonne décision en laissant un instant nos affects de côté.

 

Rédigé par Karla Bernat.

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