Me, my Facebook and I…

Me, my Facebook and I…

Facebook, Twitter, Instagram… Marchands d’égo 2.0?

Fondé en 2004, Facebook est devenu en quelques années un des sites les plus fréquentés au monde. Avec ses quelques 30 millions d’utilisateurs en France. Selon le site We Are Social Singapore, le temps passé sur les réseaux sociaux ne cesse d’augmenter et atteint aujourd’hui en France environ 1h20 minutes par jour.

Facebook, narcissisme et estime de soi:

Nous savons que Facebook est un outil de choix pour parler de soi, se montrer, susciter l’intérêt de nos nouvelles chaussures achetées en solde avec pour but majeur: rebooster son ego et sa confiance en soi. Car oui, nous le savons depuis quelques années, il existe une forte corrélation entre l’estime de soi et le temps passé sur Facebook. En effet, selon une étude menée au Canada en 2010, plus nous serions narcissiques, plus notre activité sur Facebook serait élevée.

À l’inverse moins nous aurions d’estime de soi et plus les informations partagées avec notre réseau seraient destinées à nous mettre en avant. Cela veut donc dire que Facebook a une influence sur la manière dont nous nous voyons. D’après une étude publiée en 2012 dans la revue Computers in Human Behavior, le fait de se créer un personnage virtuel, conforme à la projection idéale de notre personne, contribuerait même pour une courte période à modifier notre vision de nous même.

Les réseaux sociaux: symbole du narcissisme socialement acceptable. 

Nous recherchons ainsi l’approbation de notre cercle social, tout en nous distinguant en obtenant un maximum de petits pouces levés. La sociologue Dilara Trupia, coauteure de l’étude Sociogeek consacrée aux identités numériques relève par ailleurs une tendance à se montrer sous un jour avantageux, plus beau, plus drôle, plus intelligent qu’à l’ordinaire. Nous mettrions en scène notre propre personne au moyen d’une fine stratégie de présentation de soi. La pateforme nous permet ainsi de soigner notre narcissisme blessé où chaque connexion constitue un véritable moment de ressourcement. Le narcissique de notre temps est donc tout sauf fermé sur lui même et sur son désir, comme l’analyse le philosophe Yves Michaud dans son livre, Narcisse et ses avatars (Grasset). Il veut au contraire qu’on l’admire et qu’on l’aime, et ne peut se passer du désir d’autrui.

« Je te like, tu me likes ».

Mais ce qui est intéressant c’est que notre comportement envers nos proche est lui même influencé par les petites gratifications que l’on reçoit. En effet, d’après une étude menée par Facebook en 2017, nous aurions tendance à interagir de manière plus fréquente avec une personne ayant elle même commenté ou réagit à une de nos publications. Nous procèderions alors à un échange de « likes », ou échange d’égo sur le principe du donnant-donnant comme le montre le graphique ci-dessous.

Les « likes » échangés feraient ainsi office de remerciements virtuels. Un autre point important concerne notre temps passé sur Facebook qui est 15 minutes plus long après une publication. Vous en aurez bien sûr compris la raison, il s’agit de vérifier si nous avons obtenus quelques Feedbacks supplémentaires.

 

Cette bulle nous offre un cadre rassurant et nous permet de nous exprimer de manière différente de ce que nous pourrions ferions dans la vie réelle.

Mais cette machine à égo risque vitre de devenir addictive… !

 

Source: Facebook Research

Soraya Mehdizadeh. Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking. August 2010, 13(4): 357-364. doi:10.1089/cyber.2009.0257.

Rédigé par Karla Bernat.

 

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